Qualité de l'air et particules ultrafines : dans le cadre du LCSQA, le LNE déploie la chaîne nationale de traçabilité métrologique pour les Compteurs à Noyaux de Condensation (CNC)
Dans un contexte de renforcement des exigences réglementaires européennes et nationales sur la surveillance des particules ultrafines (PUF), il est important de rappeler l’enjeu de santé publique que constitue la surveillance de la qualité de l’air et très particulièrement le danger des particules ultrafines.
Un enjeu sanitaire et réglementaire majeur
En raison de leur très faible taille (diamètre inférieur à 100 nm), les particules ultrafines pénètrent profondément dans l'appareil respiratoire jusqu'aux alvéoles pulmonaires. Représentant la majorité du nombre de particules dans l'air tout en contribuant très peu à la masse totale, leur suivi repose sur la mesure de leur concentration en nombre (exprimée en particules/cm³), ce qui est effectué grâce à des instruments de mesure appelés compteurs à noyaux de condensation (CNC en français et CPC en anglais).
La nouvelle Directive européenne 2024/2881 impose une surveillance renforcée sur les sites exposés aux transports et à l'industrie, ainsi que sur des supersites de fond urbains et ruraux.
Un banc d'étalonnage de référence traçable au Système International
Conformément aux normes NF EN 16976:2024 et ISO 27891:2015 et à la réglementation nationale, le LNE a développé et validé un banc d'étalonnage.:
- Principe technique : Génération de particules d'argent, tri granulométrique par classification électrostatique (DMA), et comparaison de la concentration mesurée par le CNC avec la concentration mesurée en parallèle par un électromètre de référence étalonné (mesure traçable au SI).
- Performances mesurées : Rendement de détection en fonction du diamètre de particules et linéarité de la réponse en concentration en nombre par rapport à la référence.
Une organisation structurée pour le parc national
La chaîne nationale de traçabilité métrologique relie directement le niveau national (LCSQA-LNE) aux associations régionales de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) :
- Fréquence : Étalonnage obligatoire tous les 2 ans pour 50 instruments financés par l'État et utilisés pour la surveillance réglementaire.
- Planning : Deux campagnes annuelles d'étalonnage organisées par le LCSQA-LNE avec une planification transmise à l'avance aux AASQA.
Perspectives
En 2027, des démarches seront engagées auprès du Comité Français d'Accréditation (Cofrac) afin de viser l'accréditation des prestations d'étalonnage des CPC.
Contact presse
Valérie Mulot - valerie.mulot@lne.fr
A propos du LNE
Acteur majeur de la métrologie, le LNE fournit aux pouvoirs publics, industriels et communautés scientifiques des outils pour garantir la qualité des données. Son expertise se décline en prestations de recherche, expertises et innovation, métrologie, essais, certification et formation. Il pilote la Métrologie française et assure la pérennité des étalons nationaux. Fort de 1000 collaborateurs, le Groupe LNE consacre 20 % de son budget à la recherche scientifique et déploie son savoir-faire avec ses filiales implantées aux Etats-Unis (GMED et sa filiale GMED NA) et en Asie (joint venture LNE-LP ASIA) et sa filiale spécialisée en cybersécurité BYCYB. Membre du LCSQA, le LNE a la charge d’assurer la qualité des mesures des AASQA en assurant la chaine de traçabilité aux étalons nationaux.
À propos du LCSQA
Le Laboratoire Central de Surveillance de la Qualité de l’Air est un groupement d’intérêt scientifique créé en 2005 et constitué des laboratoires de l’IMT Nord Europe, de l’Ineris et du LNE. Depuis 1991, ses équipes d’experts mènent des études et des recherches sur la qualité de l’air, en appui au ministère chargé de l’environnement, et en étroite collaboration avec les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA). Le LCSQA est désigné par le ministère pour assurer la coordination technique nationale du dispositif de surveillance de la qualité de l’air en France. Il est également l’organisme de référence requis par les directives européennes et ses missions sont définies par l’arrêté du 16 avril 2021 relatif au dispositif national de surveillance de la qualité de l’air ambiant.
L’objectif principal du LCSQA est ainsi de contribuer à l’amélioration continue du dispositif de surveillance en apportant un appui scientifique et technique au ministère et aux AASQA.
Ses travaux portent, d’une part, sur l’ensemble de la chaîne de surveillance : la qualité des mesures en air ambiant (du prélèvement à l’analyse), les inventaires d’émissions, la modélisation des concentrations et leur cartographie, la centralisation ainsi que le traitement et la mise à disposition des données, et d’autre part, sur les méthodes d’évaluation des plans d’actions. Cette action s’inscrit à la fois dans le cadre des réglementations nationales et européennes, et dans une démarche prospective visant à anticiper les besoins de la surveillance de demain.
